Analyse de swing par IA : comment ça marche vraiment
Alexandre Coulay · Publié le 2026-07-25 · Mis à jour le 2026-08-10
Golf relu par Josh Cassin, index +3,7
Filmer son swing avec son téléphone est devenu un réflexe. Le problème, c'est ce qui vient après : on regarde la vidéo, on trouve que « ça a l'air bizarre », et on ne sait pas quoi en faire. Sans œil entraîné, une vidéo de swing est une information brute, pas un diagnostic.
C'est précisément le travail d'une analyse de swing par IA : transformer quelques secondes de vidéo en mesures exploitables, puis en pistes de correction. Voici ce qui se passe réellement entre l'upload et le rapport.
Cet article traite de la mécanique. Pour savoir jusqu'où faire confiance aux chiffres produits — lesquels sont mesurés, lesquels sont estimés, et lesquels un téléphone ne peut tout simplement pas voir — lisez quelle est la fiabilité réelle de l'analyse de swing par IA.
Étape 1 : de la vidéo au squelette
Le premier bloc est la détection de pose. Un modèle de vision par ordinateur lit chaque image de la vidéo et y place des repères articulaires : épaules, coudes, poignets, hanches, genoux, chevilles, tête — et, sur les systèmes qui le suivent, le club. La chaîne de FlyAway suit 21 points clés au total.
Image après image, ces points forment un squelette qui suit votre mouvement. À partir de là, l'IA ne travaille plus sur des pixels mais sur de la géométrie — angles, distances, vitesses de rotation. Ce changement de représentation est ce qui rend tout le reste possible.
Étape 2 : le découpage en phases
Un swing n'est pas un mouvement uniforme, c'est une séquence. L'algorithme identifie les moments clés, et l'analyse de FlyAway en distingue huit :
- Adresse — position de départ, alignement, posture
- Départ — le premier mouvement qui éloigne le club de la balle
- Montée — le reste du chemin vers le haut
- Sommet — le changement de direction, où beaucoup se joue
- Descente — l'accélération vers la balle
- Impact — les quelques millisecondes qui déterminent le vol de balle
- Traversée — le relâchement après la frappe
- Finish — l'équilibre en fin de mouvement
Ce découpage automatique compte plus qu'il n'y paraît. Dire « vos poignets lâchent » n'a aucun sens sans préciser quand. Un même angle peut être correct à l'adresse et problématique à l'impact : chaque mesure est donc rattachée à une phase.
Étape 3 : ce qui est réellement mesuré
Une fois les phases repérées, l'analyse produit des mesures concrètes. FlyAway note 17 dimensions, plus un score global pondéré. Celles qui méritent d'être comprises :
Le tempo. Le rapport entre la durée de la montée et celle de la descente. La référence observée chez les professionnels tourne autour de 3 pour 1 — trois fois plus long à la montée qu'à la descente. Une montée précipitée est un défaut d'amateur extrêmement courant, et l'un des plus faciles à corriger une fois qu'on le voit sous forme de chiffre.
Le X-factor. L'écart de rotation entre les épaules et les hanches au sommet. En dessous d'environ 25 degrés, l'enroulement est insuffisant pour générer de la vitesse ; au-delà d'environ 60 degrés, la position devient difficile à enchaîner à la descente. Les deux extrêmes sont signalés.
La séquence cinématique. Le fait que vos hanches démarrent la descente avant vos épaules, et de combien. Inversez cet ordre et vous partez par-dessus le plan, ce qui constitue la racine mécanique de la plupart des slices.
La posture et la stabilité. L'angle de colonne tenu de l'adresse à l'impact, les déplacements verticaux et latéraux de la tête, la trajectoire de votre centre de gravité pendant le swing.
Le lag et l'inclinaison du manche. La rétention de l'angle des poignets dans la descente, et le fait que vos mains soient en avant de la tête de club à l'impact.
Étape 4 : la détection des défauts
C'est là que la mesure devient utile. L'analyse compare vos données à des schémas techniques connus et signale les écarts caractéristiques. FlyAway recherche 26 défauts nommés — 10 détectables depuis une vue de derrière, 16 depuis une vue de face.
Ce sont ceux du catalogue qu'un enseignant reconnaîtrait : over the top, casting, early extension, reverse pivot, chicken wing, flying elbow, glissement des hanches, poids resté en arrière, absence de relâchement, redressement de colonne, overswing, mains en arrière à l'impact, armement de poignets insuffisant, finish déséquilibré, et les autres.
Chacun revient avec une sévérité — haute, moyenne ou basse — et la plage d'images exacte où il apparaît, ainsi que l'image précise où il culmine. C'est ce dernier détail qui rend le rapport vérifiable plutôt que fondé sur la confiance : vous pouvez aller directement au moment concerné et le constater vous-même.
Le score global n'est pas la partie intéressante — c'est un repère de suivi. Ce qui compte, c'est la liste hiérarchisée, car sur cinq défauts détectés, un seul est généralement à l'origine des autres.
Bien filmer son swing : la partie qui change tout
C'est l'étape la plus sous-estimée. Une analyse ne vaut que la vidéo qui la nourrit, et la plupart des rapports décevants sont des problèmes de prise de vue plutôt que des problèmes de modèle.
Choisissez votre angle. Les deux vues standard ne montrent pas les mêmes choses :
- De face (perpendiculaire à votre ligne de jeu) : idéale pour le tempo, le transfert de poids, la rotation et l'équilibre. C'est de là que la majorité des défauts sont détectables, ainsi que la séquence cinématique, le x-factor et le lag — raison pour laquelle c'est la vue à privilégier si vous n'en filmez qu'une.
- De derrière (dans l'axe de la ligne de jeu) : idéale pour le plan de swing, l'angle de colonne, la stabilité de la tête et la position du club.
Placez le téléphone à hauteur de mains, ni au sol, ni à hauteur d'yeux. Une caméra trop basse déforme les angles et fausse la lecture.
Reculez suffisamment pour que tout votre corps et le club restent dans le cadre du début à la fin, traversée comprise. Un swing coupé au sommet de la montée est l'erreur la plus fréquente.
Filmez à 60 i/s au minimum — 120 ou 240 si votre téléphone le permet. Plus d'images signifie une détection plus précise, surtout autour de l'impact où tout va très vite.
Attention à la lumière, et à vos vêtements. Contre-jour, ombres dures et faible luminosité dégradent nettement la détection. Les vêtements amples aussi, car ils brouillent la silhouette dont dépend le modèle, de même que des vêtements sombres sur fond sombre. Une tenue ajustée sur un fond contrasté améliore les résultats de façon mesurable.
Ce que vous obtenez au bout
Sur FlyAway, une fois la vidéo envoyée, l'analyse se déroule en flux continu — vous la voyez progresser au lieu de fixer un écran figé. Ce qui revient :
- Un score global sur 10, plus les 17 dimensions individuelles
- La liste des défauts détectés, chacun avec sa sévérité et sa position exacte dans le swing
- Une tendance d'effet de balle — slice, fade, droit, draw ou hook — déduite du chemin de club et de l'enchaînement, assortie d'un niveau de confiance plutôt que présentée comme une mesure ferme
- Une vidéo annotée en option, squelette superposé : vous voyez littéralement ce que l'IA a vu
- Un rapport de coaching qui remonte des symptômes aux causes probables, avec un plan d'action
- Des vidéos d'entraînement ciblées sur les défauts que vous avez réellement, et non une playlist générique
- L'historique de vos analyses, pour comparer dans le temps — c'est là que cela devient vraiment utile
Un comportement à connaître : les mesures impossibles à obtenir depuis la vue filmée reviennent marquées comme non applicables, et non estimées. La séquence cinématique et le x-factor exigent une vue de face ; le redressement de tête et l'angle de colonne exigent une vue de derrière. Ces champs sont exclus du score global au lieu d'être remplis par une valeur plausible.
Essayez l'analyse de swing avec une vidéo de votre prochaine séance au practice — et avant d'agir sur le rapport, il vaut la peine de savoir quelle est la fiabilité réelle de ces chiffres. Pour un travail de fond, le coach IA construit un plan d'entraînement à partir de vos analyses et de vos cartes de score.
Questions fréquentes
Comment une IA analyse-t-elle la performance d'un swing ?
Elle extrait les images de la vidéo, applique une détection de pose pour situer les points clés du corps et du club, découpe le swing en phases de l'adresse au finish en passant par le sommet et l'impact, puis calcule des mesures comme le tempo, la rotation, le déplacement latéral et l'angle des poignets avant de les comparer à des modèles de référence pour signaler les défauts caractéristiques.
Quelles sont les phases du swing dans une analyse IA ?
L'analyse de FlyAway découpe le swing en huit phases : Adresse, Départ, Montée, Sommet, Descente, Impact, Traversée et Finish. Ce découpage compte, car un même angle du corps peut être correct à l'adresse et constituer un défaut à l'impact : chaque mesure est donc rattachée à une phase.
Sous quel angle filmer son swing de golf ?
Deux vues standard existent et elles ne révèlent pas les mêmes choses. La vue de face, perpendiculaire à la ligne de jeu, convient mieux au tempo, au transfert de poids, à la rotation et à l'équilibre. La vue de derrière, dans l'axe de la ligne de jeu, convient mieux au plan de swing, à la posture et à la position du club. Si vous ne filmez qu'une seule vue, choisissez la vue de face : davantage de défauts y sont détectables.
À quelle cadence d'images faut-il filmer son swing ?
60 images par seconde constituent le minimum exploitable pour le tempo et l'enchaînement. 120 ou 240 i/s affinent la lecture de la position d'impact. L'angle de prise de vue et le cadrage comptent davantage que la cadence brute : une vidéo à 240 i/s parfaitement exposée mais filmée sous le mauvais angle vaut moins qu'une vidéo à 60 i/s bien cadrée.
L'analyse de swing par IA fonctionne-t-elle avec un iPhone ?
Oui. N'importe quel smartphone récent suffit, car l'analyse repose sur l'estimation de pose à partir d'une vidéo ordinaire, sans capteurs ni marqueurs.
